Fonctions de l’analyse des natures- page

En premier lieu, en effet, si les règles fondées sur la nature humaine pour des situations générales, laissent la liberté de rechercher par d’autres méthodes le règlement des situations complexes, encore faut-il que la règle première ne soit pas méconnue à travers cette complexité : les expé­riences médicales sur les déportés ont pu se récla­mer d’une utilité générale et pressante, elles n’en répugnent pas moins à la conscience publique ; la victime de l’agression est en droit de défendre sa vie, mais elle n’a aucunement le droit de tuer si l’agresseur peut être repoussé par d’autres moyens. Continue reading

Situations typiques et situations complexes

Si en effet les choses extérieures à l’homme sont diverses et changeantes, il y a, comme y insiste H. Coing, des « situations typiques » : partout et toujours se sont posés les problèmes de l’union des sexes, de la répartition des biens, ou de leur usage, de l’échange des services, de la réparation des dom­mages. Cette typicité tient d’ailleurs manifestement à des tendances permanentes de l’être humain. Mais elle se conjugue avec des constances extérieures à l’homme : l’usage des eaux courantes ne peut être réparti selon les mêmes méthodes que celui des terres, il a toujours existé des dommages dont l’homme a été la cause instrumentale et involon­taire. Gény ne sépare pas la nature des choses et la nature de l’homme. Continue reading

Nature de l’homme et nature des situations

Sur ces racines, ils sont revenus à la tradition aristotélicienne qui voit dans l’analyse des struc­tures de l’existant la possibilité de dégager une fina­lité des êtres, donc un ordre, au moins partiel, des choses. Selon une formule particulièrement expli­cite, « les lois de la vie (morale aussi bien que bio­logique) n’expriment pas (comme les lois du monde inerte) des nécessités de fait se réalisant imman­quablement, mais les conditions auxquelles, en vertu de ces nécessités, se trouvent subordonnés la durée et le développement de l’être qui les subit » (1). Continue reading

L’évolution vers une position moyenne

A ce stade les différences s’estompaient entre la tradition et la doctrine de l’école du droit de la nature : l’une et l’autre apparaissaient comme des constructions logiquement déduites à partir de prin­cipes incontestables. Les commentateurs ne s’appe­santissaient pas sur le rôle de l’observation dans la formation des principes à une époque où empi risme signifiait absence de méthode, d’autant que les concepts et définitions élaborés sur une obser­vation prolongée finissent par apparaître comme des évidences intrinsèques. En même temps d’ailleurs l’école du droit de la nature ne pouvait pas ne pas s’appuyer sur une psychologie de l’homme, si som­maire fût-elle, dans son effort pour la réduire à quelques évidences rationnelles. Continue reading

La tradition d’une étude de la nature des choses

L’allure de compromis que revêt cette position ne doit pas faire méconnaître qu’elle se rattache à une tradition très distincte de celle de l’Ecole du droit de la nature et des gens. On a montré que dès l’Anti­quité, Aristote avait eu du droit naturel une concep­tion différente de celle des stoïciens (Villey). Alors que ceux-ci concevaient une « loi de raison » univer­selle, le Stagirite observe la nature des choses : étant donné la nature de la cité et ses fins, elle doit être de dimensions moyennes ; le caractère de l’enfant appelle la puissance paternelle. Continue reading

L’école du droit de la nature et des gens

Selon une vue répandue « le droit naturel » serait une conception rigide, et d’ailleurs arbitraire, appar­tenant au passé, détrônée à l’époque moderne par l’esprit d’observation et d’autres facteurs encore. À ne constater cependant que la persistance des discussions à ce sujet, et les variations des idées dans le passé, il est permis de douter et de la rigi­dité, et de la disparition alléguées. Rechercher dans l’observation des réalités la justification des règles de conduite, notamment juridiques, paraît répondre à une tendance profonde de l’esprit. Continue reading

Observation et critique

L’école sociologique a utilement rendu sensible aux liens du droit et de la vie sociale ; le dévelop­pement de l’étude de la jurisprudence depuis le début du siècle en est le signe : ce sont les questions posées spontanément aux tribunaux ou à leurs conseils par les parties qui révèlent les problèmes effectifs de la vie sociale que le droit doit résoudre ; et les solutions, tenant compte des données du cas concret, font apparaître les intérêts en jeu et la portée des formules. Continue reading