Critique – 1

394 A la fm du XIXème siècle et tout au long du XXème, chacune des positions adoptées par l’Exégèse suscite la critique de la part des auteurs.
L’objection fondamentale porte sur la méprise par laquelle l’Ecole prend la loi pour le droit. Cette confusion «née d’une scolastique dégénérée, puis de la politique moderne, et corollaire du positivisme juridique» enferme dans les citoyens. Or la raison, qui inspire certes le travail législatif déborde tout de même la volonté explicite des auteurs de la norme. La ratio legis ne s’identifie pas à l’acte volontaire qui pose la lettre de la loi car cette «raison» détermine aussi les cheminements du juge appelé à dire le droit dans des hypothèses que la loi n’avait pas prévues. Le rationalisme, premier fondement de l’Ecole exégétique, sert donc mal la cause de la raison.
395 La souveraineté du peuple – deuxième fondement – dans laquelle la Révolu-tion française voyait la meilleure garantie des libertés individuelles apparaît à Pexpérience comme un rempart fragile dans la mesure où elle désigne une majorité – parfois éphémère – incapable de respecter les libertés de la minorité. La démocratie, qui veut accorder à tous les citoyens les bénéfices de la liberté individuelle, appelle donc un régime plus nuancé que le seul rapport de forces recouvert trop souvent par les termes de «volonté générale». La loi, oeuvre de la «souveraineté du peuple», demande à s’inscrire dans un ordre plus large qu’elle, à savoir le droit, qui comprend aussi le respect des minorités.

 

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